Le Paris du Baron Hausmann.



Paris n'a pas été bâti en un jour ! Proverbe français


Entre insalubrité et étroitesse, les rues de Paris au XIX ème, sont bien loin de la beauté des quartiers ouest de Londres. Et c'est ainsi que Louis-Napoléon Bonaparte, revenant d'exil prit la décision de révolutionner la Capitale. Mais outre le fait d'égaler les quartiers britanniques, cette mesure permet d'ouvrir les espaces et améliorer la qualité de l'air. Par ailleurs un autre objectif de ce changement, certes plus politique, est de prévoir d'éventuels soulèvements populaires et d’assainir le centre de Paris. En dix-huit ans, boulevards et avenues sont percés de la place du Trône à la place de l’Étoile. Des ponts sont également construits chevauchant la Seine. Des églises toutes plus belles les unes que les autres sont construites faisant de la Capitale un véritable chantier ou le paludisme reprenait ses droits. Le Baron Haussmann, à ce moment préfet de Paris décida de raser 60% des maisons pour y bâtir de nouveaux immeubles. Cependant régie par un cahier des charges draconien, l'architecture de ce nouveau Paris devient emblématique.

La façade est l'élément primordial du style Haussmannien. Les immeubles privés doivent respecter une même hauteur ainsi que des mêmes lignes principales de la façade pour ne former qu'un seul ensemble architectural. Les hauteurs variant de 12 à 20 mètres doivent quant à elles être proportionnelles à la largeur de la voirie sans jamais dépasser 6 étages.
La façade du style haussmannien est construite en pierre de taille, matériau noble et est embellie par de magnifiques bas-reliefs, statues en tout genres et moulures originales. L'immeuble type se compose de la manière suivante:

- Un rez-de-chaussée haut de plafond pouvant abriter des commerces avec un premier étage pour le logement des magasins ou le stockage des marchandises. Ces deux étages sont le plus souvent striés de manière horizontale.

- Un deuxième étage « noble », avec balcons et des encadrements de fenêtres plus riches. Cet étage est réservé à la noblesse ou à la haute bourgeoisie.

- Un troisième et quatrième étages plus classiques, avec des encadrements de fenêtre moins riches. Des balcons individuels ont pu apparaître à la fin de la période Haussmannienne à la suite de nouvelles réglementations.

- Un cinquième étage avec balcon filant. Un étage qui n’est pas « noble », mais dispose d’un balcon dans un soucis d’équilibre dans l’esthétisme de la façade.

- Dernier étage servant de combles ou d’appartements de service pour les gouvernantes et le petits personnels des habitants du deuxième étage.


On distingue 3 classes d’immeubles Haussmanniens :
- La 1ere classe comprend quatre étages carrés de grands appartements avec écuries et remises dans la cour.
- La deuxième classe s’élève sur 5 étages et dispose d’un escalier de service.
- Les 3e classe sont aussi sur 5 étages, avec des appartements plus petits et pas d’escaliers de service.

Ces derniers ont peu ou pas de décoration, parfois même pas de balcons. Enfin, il n’y a pas de commerce au rez-de-chaussée dans les immeubles de grande bourgeoisie. À noter enfin que, dans le style Haussmannien, la gradation esthétique des immeubles est parallèle à la gradation sociale. C’est pourquoi plus vous montez en étage, plus les décorations sont sobres et les hauteurs de plafonds moins importantes.

Tous les agents immobiliers vous le diront : l’immeuble haussmannien reste une valeur sûre ! Si cet habitat né sous le Second Empire est toujours aussi prisé, c’est qu’il est extrêmement moderne.

Peu profonds (entre 7 et 13 m en moyenne, contre 12 à 20 m pour les constructions d’aujourd’hui), ces immeubles de six étages, agrémentés de cours et courettes, offrent généralement des appartements traversants d’autant plus lumineux qu’ils sont pourvus de grandes fenêtres.

Construits en îlots, agrégés les uns aux autres, ces édifices mitoyens où la déperdition d’énergie est minimale, affichent en outre un bilan thermique remarquable. Au fil du temps, ils ont su s’adapter aux usages. Il en est même qui, transformés en bureaux, ont ensuite été reconfigurés en logements.

Devenu l’archétype de l’habitat parisien, l’immeuble haussmannien n'a pas évolué jusqu’au début du XXe siècle. Au tournant des années 1880-1890, la mode anglaise l’agrémente de bow-windows (fenêtres en saillie, qui s’avancent sur la façade), parfois ornés de vitraux. Avant que l’Art nouveau (avec un architecte comme Jules Lavirotte) n’apporte une touche de fantaisie supplémentaire à la façade, arrondissant ses fenêtres et dotant ses balcons de ferronneries tout en courbes et contrecourbes…

Mobilis Paris
Vendredi 6 Avril 2018
     


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