La France fortifiée où la France de Vauban.



"Personne n'avait mieux que Vauban rappelé du ciel les mathématiques, pour les occuper aux besoins des hommes et elles avaient pris entre ses mains une utilité aussi glorieuse peut être que leur plus grande sublimité." Fontenelle


Perchées sur une colline, bordant une falaise ou bien perdues au milieu de l'eau, les forteresses de Vauban sillonnent la France.

Celui ci, né en 1633, de petite noblesse bourguignonne est entré comme cadet dans le régiment du Prince de Condé qui mena la Fronde contre le Cardinal Mazarin et la régente Anne d'Autriche.
En 1653 Vauban est fait prisonnier et passe au service du roi Louis XIV où il y restera pendant 53 ans.
Devenu ingénieur royal et nourri par l'expérience du feu il réfléchit aux procédés de l'attaque des places. Il conçoit et codifie une méthode de siège des places fortes dans un Traité des places.
En 1678, il devient Commissaire Général des Fortifications du royaume: il contrôle, contresigne et arrête tous les projets de fortifications. Vauban renforce la protection côtière et terrestre du territoire parcourant ainsi l'équivalent de 4000 kilomètres par an, soit pour conduire des sièges, soit pour construire des fortifications.
En 1703, Louis XIV le fait maréchal de France pour services rendus au Royaume. Vauban s'éteint le 30 mars 1707. Son cœur est transporté dans l'église des Invalides à Paris.

Le style d’architecture des forteresses et les méthodes classiques de siège par sapes et tranchées parallèles, gabions et fascines, sont caractéristiques de l’époque. De tous les architectes, le premier est le français Sébastien Le Prestre De Vauban.

Un fort à la Vauban est un ouvrage étendu suivant des caractéristiques géométriques tracées à la règle et au compas, et répondant à certaines techniques. Au début, l’espace à protéger est entouré par un polygone régulier, en général un pentagone ou un hexagone. Les coins de cette figure sont appelés soit des sommets, soit des points saillants. On prend alors le milieu de la ligne entre deux sommets et sur la perpendiculaire, on mesure 55 mètres à l’intérieur (c’est à dire le sixième de la distance entre sommets pour un hexagone et le septième pour un pentagone). On joint le point obtenu aux saillants par des lignes droites et on mesure sur celles-ci deux septièmes de leur longueur. Ceci donne les contreforts du bastion. On répète cette procédure sur tout le polygone pour obtenir la fortification de base. On creuse en bas des remparts, on fait des fossés et des douves tout autour de la ville. La mise d’eau stagnante dans les fossés sera assez néfaste pour la santé des habitants, aussi on déroute souvent une rivière pour alimenter celles-ci dans les cas où cela est possible.


La stratégie de l'attaquant: celui ci devait commencer à environ 500 mètres des fortifications ennemies en creusant une tranchée le long de ce qui devait être pris d’assaut. Celle-ci est nommée la première parallèle. Il est essentiel qu’elle soit creusée au cours d’une seule nuit.

Au cours des jours suivants, cette parallèle devait être élargie afin de la rendre plus confortable et munies d’emplacements d’artillerie. Lorsque cela était fait, les pièces d’artillerie pouvaient canonner les remparts tandis que le génie commençait à creuser des sapes plus en avant. En général, les sapes étaient creusées de manière zigzaguante, afin de ne pas offrir aux défenseurs la possibilité d’effectuer des tirs directs sur les tranchées. Lorsque les sapes couvraient 300 mètres d’avancées, la deuxième parallèle pouvait être creusée (de nouveau en une seule nuit). On amenait ensuite les canons à leurs nouveaux emplacements et l’on recommençait.

Lorsque la troisième parallèle était sur le point d’être creusée, il fallait que les batteries d’artillerie aient eut un effet certain, c’est à dire qu’elles aient pu ouvrir une brèche dans les remparts. La troisième parallèle serait concentrée à cet endroit. Au cours de la nuit choisie, elle serait remplie avec des troupes triées sur le volet, épaule contre épaule, ayant un courage à toute épreuve, pour être lâchées sur les remparts.

Tiré du Traité des places et concernant la fortification de Paris.

« Cette première enceinte étant mise en sa perfection, en faire une seconde à la très grande portée du canon de la première, c’est-à-dire à 1,000 ou 1,200 toises de distance, occupant toutes les hauteurs convenables, ou qui peuvent avoir commandement sur la ville, comme celles de Belleville, de Montmartre, Chaillot, faubourg, Saint-Jacques,. Saint-Victor et tous les autres qui pourraient lui convenir.

« Bastionner ladite enceinte ou l’armer de tours bastionnées, la très bien revêtir et terrasser, et lui faire son fossé de 18 à 20 pieds de profondeur sur 10 à 12 toises de largeur, revêtu de maçonnerie.

« Prolonger ladite enceinte et la continuer en travers de la rivière comme la première, afin d’éviter le défaut par lequel Cyrus prit Babylone. »

Ainsi Vauban voulait la construction de deux enceintes continues mettant la capitale à l’abri du bombardement et donnant à Paris le temps de sauver la France. Malheureusement la nouveauté de ce projet lui fit craindre de le proposer. Combien il dut regretter sa réserve quand, dix-sept ans plus tard, la désastreuse campagne de 1706 fit croire un instant que Paris allait se trouver sans défense ! Ces alarmes ne déterminèrent pas Louis XIV vieilli à fortifier la capitale.


Mobilis Paris
Mardi 17 Avril 2018
     


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